Prévention de l’islamophobie et de la fanatisation islamiste (radicalisation)

Textes éducatifs sur le thème de « La laïcité et l’expression des croyances religieuses »

Objectif et méthode

 

Notre objectif est double : enrayer l’islamophobie c’est-à-dire la peur de l’islam, d’une part et prévenir, d’autre part, la fanatisation religieuse appelée à tort « radicalisation », tout en donnant un éclairage plus concret du fait religieux en le liant à l’actualité.

Tout d’abord, l’islamophobie ne se confond pas avec la haine de l’islam ou le désaccord avec cette religion. La peur relève d’une couche plus profonde que celle de la haine dans la sphère des sentiments. Elle l’alimente et déforme la réalité en balayant toute nuance entre musulman et islamiste, entre celui qui veut suivre des préceptes religieux et celui qui a un projet politique au nom de l’islam, entre celui qui vit dans le respect de la laïcité et celui qui refuse tout cadre laïque… Elle paralyse l’analyse et empêche de voir que tout n’est pas bien, que tout n’est pas mauvais et que tout n’est pas acceptable non plus…

 

Le fanatisme religieux possède son anticorps dans un référentiel qui tient compte de l’existence du fait religieux dans la société. Une laïcité exclusive et antireligieuse ne pourra donc pas faire face à ce processus. Car, elle relève du choix raisonné et du consensus social voulu tandis que le fanatisme réveille des ressentis qui échappent à la volonté et à la raison. De ce point de vue, on peut comprendre les difficultés voire l’échec des « plans d’anti-radicalisation » et de lutte contre l’islamophobie en partant a priori de la notion de laïcité. Celle-ci se situe donc comme un cadre choisi pour garantir la liberté d’expression et le pluralisme des idées et non comme un couvercle sur la pensée refusant tout ce qu’elle n’avait pas préconçue.

 

Face au fanatisme religieux islamiste et aux peurs qu’il peut susciter, notre secours vient de l’approche scientifique de la vérité. Les sciences d’aujourd’hui définissent l’approche de la vérité, y compris scientifique, comme la recherche d’une cohérence systémique. Plus un système est cohérent en lui-même, plus il est véridique. La multiplicité des référentiels permet la coexistence de plusieurs systèmes cohérents. Dans le référentiel religieux, la raison n’est donc pas mise de côté. Au contraire, elle opère comme catalyseur de cohérence ou révélateur d’incohérence à l’intérieur du même système. C’est à ce niveau-là que l’on arrivera à un vaccin efficace et à une action efficiente contre l’islamophobie et le fanatisme.

 

Dans ce recueil, le choix des textes met en jeu la recherche de cohérence à l’intérieur de l’islam. Les textes parlent de situations liées à l’actualité où l’on voit réagir des musulmans pour montrer la possibilité d’avoir des anticorps contre le fanatisme islamique. Ils révèlent d’autres aspects que la peur occulte tel que l’acceptation de la modernité et de la laïcité. Les autres religions, habituées à garder la croyance dans la sphère privée, ne sont pas à l’abri du fanatisme, mais le phénomène n’a pas la même ampleur aujourd’hui qu’avec les projets politiques des islamistes et leur montée rapide en réseaux très actifs partout dans le monde. Ce recueil s’adresse donc tous, croyants ou non-croyants, du moment où l’islamophobie et la fanatisation font débat.

Un regroupement de ces textes en deux parties permet d’aborder l’islamophobie, la dérive fanatique et la violence, d’une part et de situer, d’autre part, le fait religieux en éclairant d’autres côtés de l’islam, marqués par le dialogue et le refus de la violence.

Ces textes sont tirés de différents livres. Chaque texte est suivi d’une proposition pédagogique qui s’articule en deux points :

  • « Compréhension, réflexion, argumentation », partie suivie d’une proposition de mise en mots et prolongements (travail en groupe)
  • « Critères d’évaluation/auto-évaluation » (seul ou en groupe).

L’objectif général au travers des différents textes est de rendre le lecteur (lycéen ou adulte) capable d’identifier et de justifier des constats, de fonder des convictions et de se poser des questions sur un thème donné en lien avec le fait religieux. Ce découpage en trois niveaux : constats, convictions et questions, n’a pour but que d’aider le lecteur à développer en lui la capacité à mobiliser des connaissances, à rechercher leur cohérence et à aiguiser son sens critique. Il servira également de synthèse et d’évaluation/autoévaluation.

Dans le cadre du lycée, les propositions peuvent se faire en plusieurs séances, en classe entière ou en groupe. L’idéal est d’aller jusqu’au bout et de travailler en petit groupe de six ou sept personnes au maximum pour donner une vraie place à l’expression de chacun. Cela implique évidemment la présence d’autres encadrants (parents, éducateurs, documentalistes, intervenants extérieurs…). Toutefois la première partie de l’exploitation pédagogique « Compréhension, réflexion, argumentation » peut se faire en classe entière. L’évaluation/autoévaluation sert de cadre pour faire aboutir un tel travail.

 

Alors bonne lecture !

Table de matière

 

Prévenir l’islamophobie et la fanatisation religieuse ?

Avant-propos : Perdre une guerre à cause de son nom, est-ce possible ?

I- Islamophobie, fanatisation et violence

  • Peur de l’islam ?
  • Un rêve après l’attentat de Nice.
  • Se mettre au-dessus de Dieu et du prophète.
  • Critique de la religion en Occident.
  • L’imminence du châtiment divin
  • Le réflexe tribal
  • Tuer les autres et se tuer pour aller au paradis est un mensonge
  • Sortir de la haine

II-Le fait religieux : nouvelle approche en lien avec l’actualité

  • Face à l’immensité vertigineuse du cosmos
  • L’ADN d’une religion : facteur de stabilité et de cohérence
  • La meilleure religion ?
  • La loi religieuse et son principe
  • Le texte religieux n’est qu’une goutte d’eau devant l’océan de ce qu’une religion peut recevoir.
  • Hallal et la non-violence à la vie
  • Le vrai djihad
  • Le gouvernail de la vie personnelle

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